Le « français langue seconde » au lycée. Le cas de Djibouti.


Le « français langue seconde » au lycée. Le cas de Djibouti.

Vendredi 24 mai, 17h-19h, salle Beckett

 

Bruno MAURER est Professeur à l'Université Montpellier III (DIPRALANG). Sociolinguiste et didacticien, il est spécialiste de l'Afrique francophone. Il a publié notamment De la pédagogie convergente à la didactique intégrée. Langues  africaineslangue française. Paris, OIF-L’Harmattan, 2007 et Langues de scolarisation en Afrique francophone. Enjeux et repères pour l’action. AFD-AUF, Paris, Editions des archives
contemporaines, 2011.

 

Djibouti fait partie des pays dits francophones, une appellation que l'on peut concevoir au plan politique – en tant qu'adhésion à un espace politique celui de la Francophonie, au plan linguistique – en tant que pays où se pratique le français en qualité de langue officielle, mais aussi au plan didactique - en tant que pays où le français joue le double rôle de langue de scolarisation et de langue d'enseignement.

C'est ce dernier angle d'attaque, didactique, qui va être traité au cours de la conférence en interrogeant le concept de français langue seconde (FLS) sous lequel se regroupent ces deux fonctions, langue de scolarisation et langue d'enseignement.

Il est courant d'aborder cette question au plan des premiers apprentissages, dans ce que l'on nomme ici l'enseignement primaire, ailleurs éducation de base ou enseignement fondamental car il est vrai que c'est là que se jouent la plupart des questions les plus vives de la didactique du FLS : que représente exactement est la langue française pour l'élève ? Quel contact a-t-il eu avec elle avant d'entrer à l'école ? Partant, comment concevoir les premiers apprentissages, ceux du lire, de l'écrire en français ? Sur quel socle construire ces compétences essentielles pour la réussite scolaire ?

 

Après avoir rappelé ces questions, fondatrices de la didactique du FLS depuis le début de la décennie 1990, on se portera à l'autre bout de la chaine, au niveau du lycée. En effet, depuis trois ans, le Ministère a entamé une sorte de révolution copernicienne en assumant le fait que le français n'est pas une langue première, langue « maternelle », et qu'il faut en tenir compte dans l'écriture des programmes de l'enseignement secondaire en mettant en place une didactique du FLS, à ce niveau également. Mais que veut dire enseigner le français en tant que FLS après neuf ans de scolarisation ? Les compétences d'un élève n'ont-elles pas rejoint celles d'un élève de français langue maternelle ? Si la question est posée par le Ministère, c'est évidemment qu'il n'en est rien. L'examen de quelques copies de brevet des collèges suffit à s'en convaincre...

 

Reste à savoir comment concrétiser cette didactique du FLS à ce niveau d'enseignement. C'est tout le  travail entrepris depuis trois ans à Djibouti avec l'inspection et avec le concours d'enseignants djiboutiens, autour de problématiques linguistiques, culturelles, méthodologiques. Les principales orientations didactiques, originales, validées par le Ministère, vont être présentées au cours de cette conférence.  On y entendra parler d'enseignement de la littérature, de didactique de l'oral, de norme et de variation linguistique...

Publié le 16/05/2013 à 18h54 par Tristan Leperlier

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