Littératures algériennes d'aujourd'hui: 15 ans de reconstruction


le 15 février 2013

Vendredi 15 février

16h30-19h

Littératures algériennes : 15 ans de reconstruction

Vues de France, les années 1990 apparaissent comme une période de médiatisation sans précédent de la littérature algérienne: la guerre civile (dont les contours chronologiques restent objet de débat chez les spécialistes, généralement 1992-1998) a eu pour effet paradoxal d'accentuer la visibilité de certains écrivains, mais pour ceux publiant en français et dans des éditions françaises uniquement. C'est donc sur une littérature non nécessairement hexagonale ni francophone, et donc méconnue du public français, que nous nous pencherons ici.  
En Algérie, la guerre civile et le Plan d'Ajustement Structurel du FMI (qui a conduit à la liquidation de l'ENAL, édition nationale) ont imposé aux écrivains de difficiles conditions d'écriture, de sociabilité, de publication. C'est dans ce contexte que naissent, en 1996, de part et d'autre de la Méditerranée, deux initiatives collectives de reconstruction de la littérature algérienne: la revue « Algérie Littérature-Action », fondée par Marie Virolle (et Aïssa Khelladi), basée à Paris, et complétée par Marsa Editions; et l'association « El Ikhtilef », qui devient également, sous la direction de Bachir Mefti, maison d'édition, essentiellement en langue arabe, et basée à Alger. Comment se sont-elles constituées? Comment ont-elles dû redéfinir leur rôle depuis la fin de la guerre? Quelles difficultés rencontrent-elles aujourd'hui?
C'est également à la fin des années 1990 que Djamel Mati, qui écrit en français, et Bachir Mefti, qui écrit en arabe, publient leurs premières œuvres. Comment la « décennie noire » a-t-elle marqué leur travail? Comment se distinguer de la littérature dite « de l'urgence », et quelle littérature écrire après une telle guerre? La différence entre les deux langues joue-t-elle encore un rôle dans leur réception?

L'entretien de Djamel Mati avec Karolina Resztak (chercheuse associée au CNRS) sera suivi d'une table ronde avec Djamel Mati, Bachir Mefti, et Marie Virolle, modérée par Tristan Leperlier (doctorant EHESS-CESSP) et Karolina Resztak.

Djamel Mati est géophysicien et écrivain. Il travaille dans un centre de recherche à Alger. Son roman le plus connu, Sibirkafi.com (Alger, Marsa, 2003), est la première partie d’une tétralogie du « Point B114 », comprenant également Aigre-Doux (Alger, Apic, 2005), On dirait le Sud (Alger, Apic, 2007) et Le Royaume des loques (2012).

Bachir Mefti est éditeur (El Ikhtilef) et écrivain. Deux de ses textes ont été traduits en français, L’Archipel des mouches (Alger, Barzakh, La Tour d'Aigues, L'Aube, 2003 [2000]), et Témoin des ténèbres (Croissy-Beaubourg, Aden, 2003 [2001]). Son roman Doumiat en-nâr [Poupée de feu] (Alger, El Ikhtilef, 2010) a été sélectionné dans la short list de l'Arabic Booker Prize 2012.

Marie Virolle est ethnologue, directrice de recherches au CNRS (notamment La Chanson raï: de l'Algérie profonde à la scène internationale, Paris, Karthala, 1995, et Gestes d'Algérie, Paris, Karthala, 2007), et directrice des éditions Marsa / « Algérie: Littérature-Action ».

Publié le 09/02/2013 à 11h03 par Tristan Leperlier

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